Chaussures
Nike Ultrafly : la chaussure de trail à plaque carbone
Nike Ultrafly : ZoomX, plaque carbone Flyplate, semelle Vibram Megagrip. Notre analyse de la chaussure de trail rapide, et à qui elle convient.
6 min de lecture Notre méthode
Sommaire · 6 parties
La Nike Ultrafly transpose sur les sentiers la recette des chaussures de route à plaque carbone : mousse à haut rendement, lame rigide, propulsion. C’est l’outil des coureurs qui visent un chrono sur trail roulant. Voici ce qu’elle change concrètement pour vous, et là où elle atteint ses limites.
Le bloc semelle : ZoomX et plaque Flyplate
Sous le pied, environ 40 mm de mousse au talon et 32 mm à l’avant-pied, un drop de 8 mm, et une plaque carbone Flyplate pleine longueur prise entre une couche de ZoomX (mousse PEBA, la même que sur les Vaporfly) et un support plus ferme.
Concrètement, sur une portion roulante ou une montée courue, la ZoomX rend une partie de l’énergie que vous injectez, et la plaque rigidifie le déroulé : votre foulée reste dynamique même quand la fatigue s’installe au kilomètre 60 d’un 100 km rapide. Face à une mousse EVA ferme comme celle de la Salomon Speedcross 6, l’écart de relance est net.
Le drop de 8 mm occupe un juste milieu : plus tolérant pour le mollet sur la durée qu’une Hoka Speedgoat 6 à 4 mm, mais assez bas pour garder une attaque medio-pied efficace.
L’accroche et le comportement en descente technique
La semelle Vibram Megagrip avec construction Litebase et des crampons d’environ 3,5 mm accroche remarquablement pour une chaussure de ce gabarit : sur dalle mouillée et racines, le pied reste franc. En revanche, 3,5 mm ne suffisent pas dans la boue collante ou l’herbe grasse en pente, où vous glissez.
Surtout, la pile de 40 mm et la plaque rigide vous placent haut et raidissent la plateforme. Sur un dévers rocheux ou une sente très cassante, vous perdez en précision et le pied se sent perché. Sur un parcours roulant, c’est une fusée ; sur une arête alpine, c’est un handicap.
Le chaussant et la durabilité
La tige est minimaliste : légère, respirante, elle draine vite après un gué. La protection reste fine, une pierre pointue se fait sentir à travers le mesh.
Point de vigilance : la ZoomX s’écrase avec le kilométrage. Le rebond s’estompe autour de 400 à 500 km. C’est une chaussure de course, conçue et tarifée comme telle, pas une monture d’entraînement quotidien.
La fiche technique en un coup d’œil
| Caractéristique | Nike Ultrafly |
|---|---|
| Hauteur de pile (talon / avant-pied) | ≈ 40 / 32 mm |
| Drop | 8 mm |
| Mousse | ZoomX (PEBA) + support ferme, plaque carbone Flyplate pleine longueur |
| Semelle d’usure | Vibram Megagrip + Litebase, crampons ≈ 3,5 mm |
| Poids (pointure 42-43) | ≈ 275 g |
| Durée de vie de l’amorti | ≈ 400-500 km |
| Terrain de prédilection | Trail roulant à peu technique, format rapide |
| Prix indicatif | ≈ 260 € |
Cette Nike Ultrafly, pour qui est-elle vraiment taillée ?
Elle prend tout son sens si vous visez un temps sur des trails de 20 à 100 km, sur un terrain roulant à modérément technique, si vous courez déjà en chaussure de route à plaque et cherchez l’équivalent sur sentier, et si le budget n’est pas un frein. Son terrain idéal : les courses rapides sur single roulant, faux-plats et chemins forestiers.
Trois profils gagneront à regarder ailleurs :
- Le coureur d’alpin technique. La plaque et les 40 mm de pile tuent la précision : une chaussure plus basse et plus ferme comme la Salomon Speedcross 6 place mieux les appuis.
- Le coureur sur terrain gras. Les crampons de 3,5 mm patinent dès que ça devient boueux.
- Le coureur de gros volume ou d’ultra lent. Sur un effort de plus de 30 heures, la ZoomX s’affaisse et le coût au kilomètre devient prohibitif.
Questions fréquentes
La Nike Ultrafly est-elle adaptée à l’ultra ?
Sur un ultra roulant jusqu’à 100 km et si vous visez la performance, oui : la plaque et la ZoomX économisent les jambes à allure soutenue. Sur des formats plus longs et lents, ou très techniques, l’amorti s’écrase et la plaque devient gênante.
Combien de kilomètres tient la Nike Ultrafly ?
L’accroche Vibram Megagrip dure longtemps, mais le rebond de la ZoomX s’estompe autour de 400 à 500 km. C’est une chaussure de course, pas d’entraînement quotidien.
Peut-on courir dans la boue avec la Nike Ultrafly ?
Les crampons de 3,5 mm suffisent sur terre humide et gravier, pas sur boue collante ni sol gras en pente. Une chaussure à crampons de 5 mm ou plus reste nécessaire pour ça.
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