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Hoka Speedgoat 6 : notre analyse pour l'ultra-trail

Hoka Speedgoat 6 : amorti, accroche Vibram Megagrip, drop de 5 mm... Notre analyse pour savoir si elle est taillée pour votre prochain ultra.

7 min de lecture Notre méthode

Hoka Speedgoat 6 : notre analyse pour l'ultra-trail
Sommaire · 8 parties
  1. Le bloc semelle et l’amorti
  2. L’accroche sur terrains techniques
  3. Le déroulé du pas : le Meta-Rocker
  4. Le confort et le chaussant
  5. La version large (Wide)
  6. La fiche technique en un coup d’œil
  7. Cette Hoka Speedgoat 6, pour qui est-elle vraiment taillée ?
  8. Questions fréquentes

La Hoka Speedgoat 6 est probablement la chaussure de trail long la plus vendue au monde, et cette réputation n’est pas usurpée. Cette sixième version n’est pas une révolution, mais elle apporte des ajustements précis qui modifient son comportement sur le terrain. Voici ce qu’ils impliquent concrètement pour vous, du premier kilomètre au ravitaillement final.

Le bloc semelle et l’amorti

Vous disposez d’environ 40 mm de mousse sous le talon, 35 mm sous l’avant-pied, et 5 mm d’écart entre les deux.

Cette épaisseur, c’est votre marge de sécurité contre les chocs. Sur les descentes rocailleuses du Massif du Sancy ou les interminables plongées de la Diagonale des Fous, elle retarde la destruction des fibres dans les quadriceps : vous continuez à courir là où d’autres passent à la marche.

La mousse CMEVA (EVA moulée par compression) est dense et stable. Aucun effet « marshmallow » qui se dérobe sous l’appui : la chaussure répond de la même façon au premier comme au centième kilomètre. Elle encaisse aussi les gros volumes sans s’affaisser, autour de 800 à 1 000 km d’amorti utile.

Sa limite est nette : le renvoi d’énergie est minime, bien en deçà d’une Nike Ultrafly à plaque carbone. Pour un 50 km rapide où vous chassez un temps, ce type de modèle tiendra mieux l’allure.

Le drop de 5 mm (1 mm de plus que sur la Speedgoat 5) conserve une foulée basse et naturelle, mais reporte le travail sur les mollets et le tendon d’Achille. En venant d’une chaussure à 8 ou 10 mm, deux à trois semaines d’adaptation suffisent généralement à absorber le changement sans réveiller le tendon.

L’accroche sur terrains techniques

La semelle associe la gomme Vibram Megagrip à une construction Litebase plus fine et plus légère. Megagrip est la référence sur roche mouillée : sur une dalle humide ou une racine glissante, le pied reste planté là où d’autres gommes décrochent. De quoi garder de la vitesse dans les descentes techniques sous la pluie.

Les crampons de 5 mm, orientés dans toutes les directions, offrent un vrai compromis : assez mordants pour la boue et les sous-bois gras, assez bas pour rester stables et confortables sur les pistes dures et les liaisons bitumées. Une seule paire couvre un ultra qui enchaîne tous les terrains.

Sur de la boue vraiment collante ou de la neige, en revanche, 5 mm restent courts. Pour une course type gadoue intégrale, une chaussure à crampons longs comme la Salomon Speedcross 6 garde l’avantage.

Le déroulé du pas : le Meta-Rocker

L’avant de la semelle est relevé, une géométrie que Hoka nomme Meta-Rocker. Elle relance le pied vers l’avant en fin d’appui et épargne un peu de travail à la cheville et au mollet. Sur les longues portions roulantes et les fonds de vallée suisses, la foulée s’enchaîne mieux et vous économisez de l’énergie à chaque appui.

En montée raide et sur terrain très cassant, où vos appuis se raccourcissent, l’effet s’efface. Il ne faut pas s’attendre à un coup de pouce dans les passages de mains.

Le confort et le chaussant

La tige en mesh serré et la languette cousue sur les côtés forment une vraie barrière. Le sable, les graviers et les aiguilles de pin restent dehors : fini l’arrêt au kilomètre 20 pour vider la chaussure. Le mesh laisse aussi filer l’eau, donc après un gué ou la traversée d’un névé, le pied sèche vite au lieu de macérer et de chauffer.

Le médio-pied est un peu plus large que sur la Hoka Speedgoat 5, ce qui laisse de la place au gonflement du pied après plusieurs heures d’effort et limite les ampoules sur les côtés. Le maintien du talon reste ferme, sans glissement à l’arrière dans les montées sèches. La pointure habituelle convient à la plupart des pieds ; une demi-pointure au-dessus prend tout son sens au-delà de 50 km.

La version large (Wide)

La Speedgoat 6 existe aussi en largeur Wide, une simple option de chaussant : semelle, mousse CMEVA, géométrie Meta-Rocker et gomme Vibram Megagrip sont strictement identiques à la version standard. Seul le volume interne change, élargi sur l’avant-pied et le médio-pied.

Ce supplément de place vise les pieds larges, les oignons (hallux valgus) et les avant-pieds qui s’étalent à l’appui. Sur un ultra, il laisse aussi de la marge au gonflement du pied après plusieurs heures : là où la version standard commence à serrer sur les côtés au 60e kilomètre, la Wide garde de l’air jusqu’au bout. Elle évite aussi d’avoir à prendre une demi-pointure au-dessus juste pour gagner en largeur, avec le talon qui flotte en prime.

La contrepartie est nette sur un pied fin ou de largeur moyenne : trop de volume, et le pied bouge dans la chaussure. Dans les descentes techniques, ce jeu se traduit par des micro-glissements sous l’avant-pied, donc un risque d’ampoules accru et des appuis moins francs. Le laçage rattrape une partie du maintien, pas tout.

En clair, la Wide s’impose si vous chaussez déjà large ailleurs ou si la version standard vous comprime les métatarses ; avec un pied classique, dans le doute, la largeur normale reste le choix sûr.

La fiche technique en un coup d’œil

CaractéristiqueHoka Speedgoat 6
Hauteur de pile (talon / avant-pied)≈ 40 / 35 mm
Drop5 mm
MousseEVA moulée par compression (CMEVA)
Semelle d’usureVibram Megagrip + Litebase
Crampons≈ 5 mm, multidirectionnels
GéométrieMeta-Rocker avant-pied + parois actives
Poids (pointure 42-43)≈ 262 g
Durée d’amorti utile≈ 800-1 000 km
Prix indicatif≈ 155 €

Cette Hoka Speedgoat 6, pour qui est-elle vraiment taillée ?

Elle trouve sa place dans votre sac si vous courez des trails longs et des ultras sur terrain varié et cassant, si la protection pour finir en bon état passe avant la vitesse pure, et si la durabilité sur une saison entière compte. Ses formats de prédilection : de 80 km à 100 miles avec du vrai dénivelé, sur la Diagonale des Fous, l’UTMB et les grands ultras de montagne où l’on suit le balisage.

Trois profils gagneront à regarder ailleurs :

  • Le coureur qui vise un chrono sur format court. Trop lourde, pas assez dynamique : une chaussure à plaque prend l’avantage.
  • Le coureur d’alpin très technique. 40 mm de mousse, c’est trop haut pour sentir le sol et poser chaque appui au centimètre.
  • Le coureur au tendon d’Achille fragile venant d’un gros drop. Le passage à 5 mm demande une adaptation que le tendon ne pardonne pas s’il est brusqué.

Pour tous les autres, c’est-à-dire la majorité des coureurs d’ultra sur sentier, elle reste l’une des valeurs les plus sûres du marché : les retours des coureurs qui l’ont emmenée sur 80 ou 160 km vont tous dans le même sens, elle ramène à l’arrivée.

Questions fréquentes

La Hoka Speedgoat 6 taille-t-elle grand ou petit ?

Elle taille juste. La pointure habituelle convient à la plupart des pieds ; une demi-pointure au-dessus se justifie pour les sorties de plus de 50 km, quand le pied gonfle. Le médio-pied est légèrement plus large que sur la Speedgoat 5.

Combien de kilomètres tient une paire de Speedgoat 6 ?

L’amorti reste efficace sur 800 à 1 000 km avant que la mousse CMEVA ne s’affaisse, au-dessus de la moyenne de la catégorie. La semelle Vibram Megagrip, elle, s’use lentement sur terrain naturel.

La Speedgoat 6 convient-elle aux chemins roulants et au bitume ?

Oui pour les pistes et les liaisons bitumées : les crampons de 5 mm restent confortables sur le dur. Pour un usage majoritairement routier, une chaussure route dédiée reste plus adaptée.

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